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Urgences du CHU : quand le modèle libéral de Santé nous mène au bord du gouffre
jeudi 15 janvier 2026, par
Ce jeudi 15 janvier s’est tenue au CHU une réunion exceptionnelle de la formation spécialisée santé-sécurité conditions de travail, dans la foulée de la tempête médiatique de ce mercredi, relative à la situation sanitaire aux urgences de l’établissement. La réunion visait clairement à délivrer un message : l’administration du CHU n’a aucune responsabilité dans la dégradation rapide de la situation et l’ARS aurait toujours été soutenante.
La responsabilité est pointée vers les médecins libéraux en grève, qui ont fui, voire même saboté, le processus de réquisitions, et vers les établissements d’hospitalisation privés du Groupe Vivalto (Saint Grégoire, Cesson). Leurs services d’urgences rejetaient vers le CHU des patients qu’ils étaient parfaitement en capacité de prendre en charge, et refusaient d’hospitaliser sur des lits vacants des patients de médecine du CHU, nous laissant nous enfoncer dans la crise. Tous ces points nous ont été confirmés par nos collègues sur le terrain.
Nous dénonçons depuis longtemps la rapacité de l’hospitalisation lucrative et d’une certaine médecine libérale qui prospère sur la rente de la Sécurité Sociale et des dépassements d’honoraires. Il est clair que ces deux paramètres nous mènent aujourd’hui au bord de la catastrophe sanitaire si nous n’y sommes pas déjà. Merci donc à eux néanmoins de montrer leur vrai visage et d’amener nos directions à reconnaitre la validité de nos analyses.
Mais comment faire ce diagnostic sans pointer les acteurs qui ont permis que ce désastre s’installe et que tout s’effondre. Depuis 15 ans, l’ARS Bretagne et les directions successives du CHU ont défendu explicitement, en instance de représentation du personnel, et au Conseil de Surveillance, le modèle des « urgences debout », avec peu de lits d’aval, et basé sur le mythe d’une coopération efficace public/privé.
L’ARS a constamment tordu le bras au CHU sur sa gestion financière, par du chantage permanent aux dotations, et encore sur l’exercice 2025 qui vient de se clôturer. Elle a fermé le SMR de Saint-Méen, fermé l’an dernier le SSR du Grand Fougeray. Elle a échoué (ou pas voulu) à assumer ses responsabilités alors que le rapport de force avec le secteur privé était annoncé depuis des semaines, faisant mine de découvrir les problèmes de réquisitions.
Aujourd’hui, l’ARS et le gouvernement vont-ils vraiment en tirer toutes les conséquences ? Vont-ils durcir les conditions d’autorisations de service d’urgence ? inclure dans les contrats des obligations de maintenir des lits disponibles pour les périodes de tension, sous peine de sanctions ? Nous avons franchement des doutes, puisque les ARS et les gouvernements successifs sont ceux qui ont vendu notre système à la découpe pour permettre aux groupes privés d’en extraire le plus de valeur possible, avec la complicité des mercenaires libéraux.
Dès lors, il n’y a plus d’autres solutions pragmatiques que de nationaliser ces établissements et de mettre fin à la médecine libérale qui a galvaudé et réduit à néant l’image sur laquelle elle prétendait asseoir sa pertinence.
Sinon, rendez-vous l’année prochaine, ou dans quelques mois.
