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Crise aux Urgences du CHU de Rennes
mercredi 14 janvier 2026, par
COMMUNIQUE DE PRESSE
Comme partout en France, les équipes soignantes et administratives des Urgences du CHU de Rennes traversent un hiver infernal. Depuis la fin de la crise sanitaire du COVID, l’affluence n’a cessé d’augmenter, au point de rendre nécessaires la régulation obligatoire de nuit.
Depuis plusieurs semaines, le service est presque constamment au-dessus de 100 personnes présentes en même-temps.
En ce début de semaine, la crise s’accélère au-delà de tout ce qu’on a connu, avec des pics jamais atteints sur 24h : 251 passages ce lundi et 283 ce mardi. Hier, 40 personnes étaient présentes en même temps dans le module consacré aux patients non couchés. La crise est telle que la Direction a envisagé d’ouvrir un « poste médical avancé », en fait un module de soins de fortune dans le sas des ambulances du Centre Urgences Réanimation pour les patients non couchés. Si la solution ne semble pas devoir finalement être mise en œuvre, pour le moment en tout cas, cela témoigne du degré de tension extrême.
Si la grève des médecins libéraux aggrave la situation, notamment ceux censés assurer les urgences dans les établissements privés comme le CHP Saint Grégoire, qui refusent les patients, il ne faut pas se tromper d’analyse. Le système tel qu’il est organisé est à bout de souffle. Basé sur une coopération public privé, sur le dogme de la non ouverture de lits, et très insuffisamment financé, il ne repose plus actuellement que sur l’hôpital public pour compenser tous les manques. Pas assez de médecins, pas assez soignants, pas assez de place, le système de santé libéral est un système pénurique.
Pour toutes ces raisons, pour alerter sur la situation, les équipes des urgences ont débrayé ce jour à 15h, en se relayant pour assurer la sécurité des patients. SUD Santé Sociaux étaient à leurs côtés.
Une réunion de la Formation Spécialisée Santé Sécurité-Conditions de travail est par ailleurs programmée demain, jeudi 15 janvier, sur le sujet.
Nous ne pouvons laisser cette situation dramatique devenir un marronnier hivernal, encore plus qu’il n’est l’est déjà. Il nous faut réinventer collectivement le système de santé, en dépassant les corporatismes médicaux et en affrontant les intérêts financiers qui font leurs choux gras de notre santé. C’est un système entièrement public qu’il nous faut rebâtir, basé sur une véritable coopération entre tous, financé par une Sécu à 100 % et administré par celles et ceux qui ont intérêt à ce qu’il fonctionne bien : les patients, les travailleur-euses du soin et les assuré.e.s sociaux.
