SYNDICAT SUD SANTE SOCIAUX 35

Suicide à l’EHESP de Rennes : Les conséquences d’un management honteux

jeudi 23 décembre 2010 par Sud Santé Sociaux 35

« On avait prévenu, ils n’ont pas écouté mais surtout, et c’est encore plus grave, ils ne veulent pas reconnaître leur faute. »

Un suicide d’un agent de l’EHESP (ex-ENSP – Rennes qui forme les cadres de gestion du système sanitaire et social de France) a eu lieu mercredi dernier, et la nouvelle n’a été connue par le personnel et ses représentants syndicaux que vendredi matin, par le journal local.
Aussitôt, spontanément, tout le personnel présent, administratif et la plupart des enseignants, furieux, ont cessé le travail, baissé tous les rideaux des bureaux, et se sont réunis dans le hall d’entrée. La presse a été immédiatement convoquée pour exprimer une révolte unanime, colère rentrée depuis au moins trois ans.
En effet, depuis l’arrivée du nouveau directeur, A. Flahaut (en outre professeur de santé publique, l’homme de la vaccination massive contre le virus H1N1, qui a défrayé les chroniques du Canard Enchaîné pour collusion d’intérêt avec le lobby pharmaceutique), le climat social s’est fortement alourdi : fins arbitraires de contrats (y compris pour des enseignants), vexations lors des « évaluations » individuelles, direction des RH chargée des basses œuvres avec cynisme, particulièrement incompétente. Faut dire qui plus est, que ce directeur est un homme occupé : il ne peut être présent à Rennes que les lundis, et encore, quand monsieur n’est pas en déplacement aux Etats-Unis d’Amérique dont il est particulièrement admiratif. Il n’en cumule pas moins les deux salaires.

Depuis deux ans les délégués syndicaux, particulièrement Sud, tirent régulièrement le signal d’alarme auprès de cette direction et auprès du CA de l’institution, présidé par … Mattei, l’ancien ministre de la santé.
Ils ont demandé une enquête anonyme sur la souffrance au travail, accepté du bout des lèvres par le « directeur ». Les résultats sont effarants, les termes très durs. Il n’y a pas photo, la situation générale du personnel est grave. La direction des RH est particulièrement mise en cause.
Réponse du directeur : des banalités.

Jeudi dernier (la macabre nouvelle n’était pas encore connue du personnel) a eu lieu un CA ordinaire. Les délégués syndicaux, aidés par le personnel administratif, distribuent un tract à l’entrée aux membres de ce CA pour les alerter de la situation délétère. Silence total sur le sujet soulevé durant toute la durée du conseil … Le directeur et Mattei étaient-ils déjà au courant du suicide ?

Le vendredi, devant la colère des personnels et la presse mobilisée, le directeur revient dare dare à Rennes, flanqué de son conseiller personnel en communication (payé par l’école bien sûr). Il convoque aussitôt une AG … pour proposer une minute de silence, la mise en place d’une cellule psychologique pour après Noël, et c’est tout : il refuse de parlementer avec le personnel, et le reconvoque pour ce lundi 10 H. Là, il commence à manœuvrer, en tentant de disculper ses responsabilités, allant jusqu’à entretenir une accusation collective vis à vis des personnes ayant aperçu l’agent en détresse le mercredi, pire, accusant les délégués syndicaux présents la veille au CA de n’avoir rien dit !!! Devant le brouhaha que cela cause (nombre d’agents sont stupéfaits du cynisme du gentil-directeur-qui-veut-tutoyer-tout-le-monde et enfin prennent conscience), il renvoie la balle à Mattei : « c’est lui qui n’a pas voulu parler du contenu du tract ». Est-ce vrai ? Pendant ce temps, la direction de la RH reste de marbre, visiblement sans états d’âme.

Au nom de l’ensemble du personnel, devant la gravité des faits, les délégués syndicaux demandent que la direction de la RH soit déchue de leurs fonctions : il n’est plus possible qu’elle puisse gérer désormais le personnel. Le directeur refuse.
La direction générale est désormais totalement déconsidérée.

Ah ! J’allais oublier : le détachement à l’école de l’agent en détresse avait été arbitrairement dénoncé quelques jours auparavant, sans ménagement.

Que signifie ces faits d’une extrême gravité, et le maintient têtu de la stratégie de cette direction ?

Cette école a pour vocation de former des cadres de gestion de la santé publique, dont les directions des hôpitaux publics. Il s’agit d’un domaine très complexe, qui nécessite des personnels administratifs et enseignants compétents et donc stables, une direction elle-même compétente et participante. Comment se fait-il que cette nouvelle direction, légitimée par N. Sarkozy lui-même, ait cassé la dynamique, provoquant un climat délétère dans l’institution ? Justement pour la faire disparaître à petit feu. Sinon pourquoi s’acharner à couvrir avec obstination une direction RH aussi cynique et incompétente ?
Dans le même temps, le directeur signe un contrat juteux avec l’ESSEC, école de commerce appartenant à l’Eglise Catholique, pour la formation diplômante (grâce à la LRU) des cadres de santé.

Ce cas est à dénoncer partout dans vos réseaux.

Déclaration des représentants SUD de l’EHESP de Rennes

Chers collègues,

Nous sommes tous à la fois totalement abattus et en colère contre la mort d’une personne ; car c’est bien de cela qu’il s’agit ; pas seulement d’un « problème de management à régler dans l’avenir », mais de la mort annoncée et réalisée d’une collègue.

Plus que de soutien psychologique, ce dont nous avons besoin c’est de dire et de faire partager avec tous ceux à qui cette école est chère et qui représente encore des valeurs et non un « projet », ces sentiments qui nous empêchent de respirer, pour longtemps, dans ce lieu qui se voudrait le phare de la santé publique dans le monde entier !

Alors nous vous proposons de diffuser le texte ci-dessous et les documents joints à tous vos réseaux sociaux et professionnels, en leur demandant de soutenir nos démarches à venir pour que la mort de Laurence ne passe pas inaperçue.

Elle avait de la valeur, elle souffrait et se battait pour que le monde soit meilleur. Nous ne pouvons pas accepter.

ON NE LÂCHERA RIEN !

Les représentants SUD de l’EHESP

Communiqué de presse de l’intersyndicale SUD, CFDT, UNSA de l’EHESP de Rennes

Le personnel de l’école des hautes études en santé publique de Rennes a appris par la presse le 17 décembre avec effroi le décès de Laurence notre collègue de travail.

Ce suicide est la terrible conséquence d’une politique de management insoutenable. Laurence avait appris il y a quelques jours que son détachement ne serait pas renouvelé au 31/12/2010 après 10 ans à l’EHESP sans qu’aucun élément ne soit venu justifier cette annonce brutale.

Nous avons tous immédiatement cessé le travail car notre douleur était mêlée à la colère. Une colère contre le management de cette école, chargée de former des responsables d’hôpitaux et d’établissements sanitaires et sociaux, et qui refuse d’entendre les messages que le personnel et ses représentants n’ont cessé de remonter sur la souffrance au travail.

Le personnel de l’école veut toute la lumière sur ce dramatique évènement et exige que la direction en tire toutes les conséquences.

l’intersyndicale
SUD, CFDT, UNSA


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